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D’après `Amr ibn `Awf (qu'Allah soit satisfait de lui),
l'Envoyé d'Allah (pbAsl) chargea 'Abû `Ubayda ibn Al-Jarrâh d'aller chercher le tribut du Bahreïn. Après s’être réconcilié avec les habitants du Bahreïn, l'Envoyé d'Allah (pbAsl) leur avait donné pour chef Al-`Alâ' ibn Al-Hadramî. Comme 'Abû `Ubayda retourna avec l’argent du Bahreïn, la nouvelle de son arrivée ('Abû `Ubayda) se répandit parmi les 'Ansâr. Ceux-ci firent avec le Prophète (pbAsl) la prière de fajr (l'aurore); une fois la prière achevée, le Prophète (pbAsl) voulut s’en aller, mais les 'Ansâr l'abordèrent. Alors, souriant à leur vue, le Prophète (pbAsl) dit: "Vous avez, j'imagine, entendu que 'Abû `Ubayda avait apporté quelque chose du Bahreïn?". - "Oui, ô Envoyé d'Allah", répondirent-ils. - "Réjouissez-vous donc, et espérez obtenir ce qui vous causera la joie. Par Allah! Ce n'est pas la pauvreté que je redoute pour vous; je redoute plutôt que les biens de l'ici-bas ne vous soient largement offerts comme ils l'ont été à vos devanciers et que, dans votre émulation à les acquérir, vous ne trouviez, comme eux, votre perte".
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D’après 'Abû Hurayra (qu'Allah soit satisfait de lui),
Il a entendu l'Envoyé d'Allah (pbAsl) dire: Il y avait parmi les israélites, trois hommes, un lépreux, un chauve et un aveugle, qu'Allah trouva bon d'éprouver. Ainsi, Il leur dépêcha un Ange; celui-ci alla trouver le lépreux et lui dit: "Quelle est la chose qui te serait le plus agréable?". - "Un beau teint, une belle peau, lui répondit-il, et la guérison de cette maladie qui me rend répugnant aux yeux des gens". L'Ange ayant passé sa main sur cet homme, les taches de la lèpre disparurent et firent place à un beau teint et à une belle peau. - "Quel est le bien que tu préfères?", ajouta l'Ange - "Les chameaux, répondit-il - ou suivant une variante les vaches". ('Ishâq a douté sur ce point; toutefois, l'un des deux hommes: le lépreux et le chauve répondit "les chameaux" et l'autre "les vaches"). On lui donna une chamelle pleine de dix mois et l'Ange lui dit: "Qu'Allah te la bénisse!". L'Ange alla ensuite trouver le chauve et lui demanda: "Quelle chose te sera le plus agréable?". - "Une belle chevelure, répondit-il, car les gens me trouvent ainsi répugnant". L'Ange passa alors sa main sur la tête du chauve, celle-ci se couvrit d'une belle chevelure. - "Et maintenant, ajouta l'Ange, quel est le bien que tu préfères le plus?". - "Les vaches", reprit-il. On lui donna une vache pleine et l'Ange lui dit: "Qu'Allah te la bénisse!". Allant ensuite vers l'aveugle, l'Ange lui demanda quelle chose lui serait le plus agréable. - "Ce serait, répondit l'aveugle, qu'Allah me rende la vue afin que je puisse voir les hommes". L'Ange passa alors sa main sur les yeux de l'aveugle et Allah lui rendit alors la vue. - "Et maintenant, ajouta-il, quel est le bien que tu préfères le plus?". - "Les moutons", reprit-il. On lui donna une brebis pleine qui allait mettre bas. Les trois femelles ayant mis bas, le premier homme eut bientôt une vallée remplie de chameaux, le second une vallée remplie de bœufs et le troisième une vallée remplie de moutons. Quelque temps après cela, l'Ange, reprenant la figure d’un lépreux, vint trouver le lépreux d’autrefois et lui dit: "Je suis un homme malheureux, j'ai perdu en voyage toutes mes ressources et aujourd'hui il ne me reste que de m'adresser à Allah et à toi. Au nom de Celui qui t'a donné un beau teint et une belle peau ainsi qu'une grande fortune, je te demande de me donner un chameau qui me permette d'achever mon voyage". - "J'ai de nombreuses charges", répondit l'homme. - "Mais, répliqua-il (l'Ange), il me semble bien te reconnaître. N'étais-tu pas un lépreux d'aspect répugnant et sans ressources, et Allah ne t'a-t-Il pas donné (tout ce que tu as)?". - "Par contre, tout ce bien je l'ai hérité de mes ancêtres". - "Si tu mens répliqua l'Ange, puisse Allah te faire redevenir comme tu étais!". Puis, prenant le visage d’un chauve, l'Ange alla trouver le chauve d'autrefois et lui tint les mêmes propos et obtint de lui la même réponse. - "Si tu mens, riposta l'Ange, puisse Allah te faire redevenir comme tu étais!". Enfin l'Ange, prenant le visage d’un aveugle, se présenta à l'aveugle d'autrefois et lui dit: "Je suis un malheureux voyageur, j'ai perdu en voyage toutes mes ressources et aujourd'hui il ne me reste qu'à m'adresser à Allah et à toi. Au nom de Celui qui t'a rendu la vue, je te demande un mouton afin que je puisse achever mon voyage". - "J'étais aveugle, répondit l'homme et Allah m'a rendu la vue. Prends ce que tu voudras, car, par Allah, je ne te contesterai pas quoi que ce soit que tu prendras". - "Garde ton bien, répliqua l'Ange. C'était seulement pour vous éprouver (tous les trois). Allah est Satisfait de toi et Il maudit tes deux compagnons".
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Sa`d (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit:
Je suis le premier des Arabes à lancer une flèche dans la voie d'Allah; je nous vois encore faisant des expéditions avec l'Envoyé d'Allah (pbAsl) et n'ayant rien autre chose à manger que des feuilles de hubla (variété d'acacia) et ce samur (sorte de mimosa), au point que nos défécations ressemblaient à celles des moutons. Malgré cela (c.-à-d. mon ancienneté dans l'islam), un beau matin, les Banû 'Asad sont venus me corriger (en m'enseignant) les règles de la religion! Je suis déçu alors et mon œuvre est vaine! (Ibn Numayr n'a pas mentionné "alors".)
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`A'icha (qu'Allah soit satisfait d'elle) a dit:
"Depuis le jour de l'arrivée de Muhammad à Médine et jusqu'au moment de sa mort, sa famille ne mangea jamais à satiété le pain de froment trois jours de suite".
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A'icha (qu'Allah soit satisfait d'elle) a dit:
"Lorsque l'Envoyé d'Allah (pbAsl) mourut, il ne restait pas chez moi la moindre nourriture convenable à un être vivant, si ce n'était qu'une demi-charge d'orge qui était placée dans un étagère et j'en mangeai bien longtemps; mais une fois que j'ai mesuré ce qui restait d'orge, il n'en est resté plus rien".
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A'icha (qu'Allah soit satisfait d'elle) a dit:
"Le Prophète (pbAsl) mourut et nous n'avions encore pour apaiser notre faim que les deux choses: les dattes et l'eau".
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'Abû Hurayra (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit:
"Par Celui qui détient mon âme dans Ses mains -selon Ibn `Abbâd: "Par Celui qui détient l'âme de 'Abû Hurayra dans Ses mains"- jusqu'à la mort du Prophète (pbAsl), sa famille ne mangea jamais à sa faim trois jours de suite le pain de froment".
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D’après `Abd-Allah ibn `Umar (qu'Allah soit satisfait des deux),
le Prophète (pbAsl) a dit au sujet des gens du "Hijr" (le peuple de Sâlih -que la paix d'Allah soit sur lui): "N'entrez pas dans les demeures de ces gens-là qu'Allah a châtiés, à moins que vous ne soyez en pleurs; si vous ne l'êtes pas, n'entrez pas de peur qu'il ne vous arrive un malheur semblable au leur".
- Selon 'Anas ibn Mâlik (qu'Allah soit satisfait de lui),
le Prophète (pbAsl) a dit: "Al-Burâq" -une monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'une mule, qui se trouvait d'un bond où son regard s'arrêtait- me fut amenée. Je la montai et fus transporté à Jérusalem. Là-bas, je l'attachai à l'anneau destiné à l'usage des prophètes. Je pénétrai dans la mosquée où je pria deux rak`a. A ma sortie, Gabriel (que la paix soit sur lui) m'offrit deux récipients: l'un contenant du vin, l'autre du lait. Je choisis le lait; et Gabriel me déclara alors que j'avais élu la voie primordiale. Porté par lui, je m'élevai jusqu'aux régions célestes. Gabriel demanda la permission d'y accéder. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je vis aussitôt Adam qui me souhaita la bienvenue et invoqua (Allah) en ma faveur. Puis, je fus porté au second ciel, Gabriel (que la paix soit sur lui) demanda qu'on nous ouvrît. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je vis aussitôt les deux cousins maternels: Jésus ('Isa), le fils de Marie et Jean Baptiste, fils de Zacharie (qu'Allah leur accorde Ses bénédictions) qui me souhaitèrent la bienvenue et le bien. Puis, je fus porté au troisième ciel, et Gabriel demanda aussi la permission d'y pénétrer. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je trouvai aussitôt Joseph (Yûsuf) (pbAsl) à qui a été assignée la moitié de la beauté humaine. Celui-ci me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus ensuite porté au quatrième ciel et Gabriel (que la paix soit sur lui) demanda qu'on nous ouvrît. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Anoch ('Idris) qui me souhaita la bienvenue et le bien. Allah - à Lui la puissance et la gloire - dit à ce sujet: " Et Nous l'élevâmes à un haut rang. " Je fus alors porté au cinquième ciel et Gabriel demanda qu'on nous ouvrît. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Aaron (Hârûn) (pbAsl) qui me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus ensuite porté au sixième ciel et Gabriel (que la paix soit sur lui) demanda qu'on nous ouvrît. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Moïse (Mûsa) (pbAsl) qui me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus porté enfin au septième ciel et Gabriel (que la paix soit sur lui) demanda qu'on nous ouvrît. - "Qui est-ce?", demanda-t-on. - "C'est Gabriel ", répondit-il. - "Et qui t'accompagne?". - "C'est Muhammad ". - "A-t-il donc reçu la Mission?". - "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Abraham ('Ibrâhim) (pbAsl), le dos appuyé contre la Maison Peuplée dans laquelle pénètrent journellement un nouveau groupe de soixante-dix mille Anges. Puis, il m'emmena vers "Sidrat al-Muntaha" (le Lotus de la limite extrême) dont les feuilles ressemblaient aux oreilles d'éléphants et les fruits étaient (grands) comme les cruches. Au moment où -par l'ordre d'Allah- le lotus fut couvert de ce qui le couvrit, il se transforma et aucun des créatures d'Allah ne pourrait décrire sa splendeur. Allah me révéla, alors, ce qu'Il voulut, et prescrivit l'accomplissement de cinquante prières par jour. Je retournai voir Moïse (Mûsa) qui me demanda: "Qu'est-ce qu'a prescrit le Seigneur à ta Communauté?". - "Une cinquantaine de prières", lui dis-je. - "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui la réduction de ce nombre, car ta Communauté ne supportera point cette prescription. Je connais bien les israélites; je les avais mis à l'épreuve et je m'étais employé à les ramener sur la bonne voie". Le Prophète poursuivit: Je retournai à mon Seigneur et je Lui demandai de réduire le nombre des prières pour la faveur de ma Communauté. Il m'exauça en les amoindrissant de cinq prières. J'allai ensuite trouver Moïse (Mûsa) pour l'informer de la réduction des cinq prières. Toutefois, il me répéta: "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui la réduction de ce nombre, car ta Communauté ne le supportera point". Je ne cessai alors (Mûsa) de faire la navette entre mon Seigneur (à Lui la puissance et la gloire) et Moïse (Mûsa) (que la paix soit sur lui) pour demander plus de réduction encore jusqu'à ce qu'Allah me décréta: "O Muhammad! Je prescris irrévocablement cinq prières jour et nuit, dont chacune équivaut à dix, cela fait alors cinquante. Quiconque a dessein de faire une bonne action et ne la fait pas, on lui inscrira une récompense à son actif; s'il l'exécute, une récompense équivalente à dix bonnes actions lui sera inscrite. Tandis que quiconque a l'intention de perpétrer une mauvaise action et qu'il ne l'accomplit pas, rien ne sera inscrit à son passif; si au contraire il l'accomplit, on lui inscrira la punition d'une seule mauvaise action". Je redescendai et arrivai auprès de Moïse (Mûsa) (que la paix soit sur lui) pour l'informer de la chose, mais il me dit: "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui une nouvelle réduction". "J'ai déjà retourné plusieurs fois à mon Seigneur, jusqu'à ce que j'ai trouvé inconvenant de Lui adresser encore une fois cette demande." répondis-je à Mûsa.