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'Abû Sa`îd Al-Khudrî (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit:
Les Banû Qurayza mirent leur sort à la sentence de Sa`d ibn Mu`âdh. L'Envoyé d'Allah (pbAsl) envoya chercher ce dernier. Sa`d arriva, porté sur un âne. Lorsqu'il approcha de la mosquée, l'Envoyé d'Allah dit aux 'Ansâr: "Levez-vous devant votre maître (ou selon une variante: le meilleur d'entre vous)!", puis il dit à Sa`d: "Ces gens se remirent à ta sentence". - "Eh bien! Moi, je décide, répondit Sa`d, que les combattants d'entre eux soient mis à mort et que leurs femmes et leurs enfants soient captivés". - "Tu as rendu à leur encontre, dit alors le Prophète (pbAsl), la sentence même d'Allah (ou selon une variante: du Roi des cieux)". Peut-être Ibn Al-Muthannâ a-t-il dit: "Tu as rendu à leur encontre la sentence même du Roi".
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D’après `A'icha (qu'Allah soit satisfait d'elle),
Le jour du Fossé, un Qoraychite nommé Ibn Al-`Ariqa blessa Sa`d à la veine médiane du bras. Le Prophète (pbAsl) dressa pour Sa`d une tente dans la mosquée afin de n'avoir pas à aller loin pour le visiter. Quand le Prophète (pbAsl) revint de la bataille, il déposa son arme et commença à se laver; et alors qu’il nettoyait sa tête de poussière, Gabriel lui apparut et lui dit: "Tu as déposé l'arme, mais par Dieu, nous ne l'avons pas posée. Sors; combats-les (les ennemis de l'Islam)". - "Où sont-ils?", demanda alors le Prophète. Gabriel lui indiqua alors les Banû Qurayza. L'Envoyé d'Allah (pbAsl) les combattit jusqu’à ce qu’ils se remirent leur sort à la sentence de l'Envoyé d'Allah; qui remit leur sort à la sentence de Sa`d. Celui-ci dit alors: "Eh bien! Je décide que leurs combattants soient mis à mort et que leurs femmes et enfants soient captivés".
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D'après `Abd-Allah ibn `Umar (qu'Allah soit satisfait des deux),
le jour où il a vaincu les Coalisés, l'Envoyé d'Allah (pbAsl) nous dit: "Qu'aucun de vous ne fasse la prière de zhuhr (de midi) avant qu'on ne soit chez les Banû Qurayza". Comme les hommes craignirent de rater la prière, quelques-uns prièrent avant d’atteindre les Banû Qurayza. Quant aux autres, ils dirent: "Nous ne ferons la prière que là où l'Envoyé d'Allah (pbAsl) nous a ordonné de la faire même si le moment serait passé". L'Envoyé d'Allah ne fit cependant pas de reproches ni aux uns ni aux autres.
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'Anas ibn Mâlik (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit:
Quand les Muhâjirûn, venus de La Mecque, arrivèrent à Médine, ils ne possédaient rien, tandis que les 'Ansâr avaient des terres et des palmerais. Chaque année, les 'Ansâr partagèrent chaque année avec eux la moitié des fruits de leurs biens, comme salaire de leur travail. La mère de 'Anas ibn Mâlik, surnommée 'Umm Sulaym, était également la mère de `Abd-Allah ibn 'Abî Talha, celui-ci et 'Anas étaient donc des frères utérins. La mère de 'Anas ayant donné les fruits d’un palmier à l'Envoyé d'Allah (pbAsl), celui-ci les donna à son tour à son affranchie, 'Umm 'Ayman, la mère de 'Usâma ibn Zayd. D'après Ibn Chihâb, 'Anas ibn Mâlik m’a raconté que le Prophète (pbAsl), après avoir terminé le combat mené contre les gens de Khaybar, rentra à Médine. Alors les Muhâjirûn rendirent aux Ansâr leur dons et le Prophète (pbAsl) rendit à la mère de 'Anas les fruits de son palmier qu'elle lui avait donnés. Enfin l'Envoyé d'Allah donna à 'Umm 'Ayman, à la place (des fruits) de ces palmiers, des fruits de son propre clos (de Médine).
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D'après `Abd-Allah ibn Mughaffal (qu'Allah soit satisfait de lui),
Le jour de Khaybar, je trouvai une outre pleine de graisse, je me dis alors: "Aujourd’hui, je n'en donnerai à personne". A ce moment, je vis l'Envoyé d'Allah (pbAsl) près de moi souriant.
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D'après Al-Barâ' (qu'Allah soit satisfait de lui),
un homme vint lui demander: "Est-ce que vous avez pris la fuite, au jour de Hunayn, ô 'Abû `Umâra?". - "Non, par Dieu, l'Envoyé d'Allah (pbAsl) n'a pas pris la fuite, mais il était arrivé que les plus jeunes et les plus pressés d'entre ses Compagnons étaient sortis sans cuirasses et sans armes; ou bien ils étaient équipés à la légère. Ils allèrent du côté des archers habiles, gens des Hawâzin et des Banû Nasr, qui tiraient presque toujours juste. Ces gens leur envoyèrent une décharge de flèches qui ne pouvaient guère manquer le but. Alors les musulmans se portèrent au Prophète (pbAsl) qui chevauchait sa mule blanche, alors que 'Abû Sufyân ibn Al-Hârith ibn `Abd Al-Muttalib en tenait la bride. Le Prophète (pbAsl) descendit de sa monture, invoqua l'aide divine, puis il dit: "C'est moi le Prophète, sans mensonge; c'est moi le fils de `Abd Al-Muttalib "; puis il mit les musulmans en rangs.
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'Abû Sufyân (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit:
Durant la période de trêve que j'ai (encore polythéiste) conclue avec l'Envoyé d'Allah, je partis en voyage. J'étais alors en Syrie, lorsqu'on apporta une lettre adressée de l'Envoyé d'Allah (pbAsl) à Héraclius. Dihya Al-Kalbî avait été chargé de la remettre au gouverneur de Bossra, qui à son tour devait la remettre à Héraclius. Héraclius demanda alors: "Y a-t-il quelqu'un qui soit proche de cet homme présumant être un Prophète?". On lui répondit que oui. Sur ce, on me manda avec quelques-uns des Qoraychites. Nous entrâmes chez Héraclius et il nous fit asseoir devant lui en disant: "Lequel d'entre vous est le plus proche de cet homme qui prétend être un Prophète?". 'Abû Sufyân répondit: "C'est moi". On me fit alors asseoir devant lui et mes compagnons derrière moi. Puis il manda son interprète et lui dit: "Dis-leur que je vais interroger cet homme au sujet de celui qui prétend être un Prophète, si cet homme ment, ses compagnons doivent relever ses mensonges". 'Abû Sufyân dit (tout bas): "Par Dieu! Si je ne craignais pas d'être qualifié de menteur, j'aurais forgé des mensonges au sujet du Prophète". Il (Héraclius) demanda à son interprète: "Interroge-le: Quel rang occupe sa famille (du Prophète) parmi vous?". Je répondis: "Elle jouit d'une grande considération". Puis il dit: "L'un de ses ancêtres, était-il un roi?". - "Non", répondis-je. - "Le traitez-vous de menteur avant qu'il ait tenu de tels propos?". - "Non". - "Ceux qui le suivent, sont-ils des honorables ou des humbles?". - "Ils sont plutôt des humbles". - "Leur nombre s'accroît-il ou bien diminue?". - "Il s'accroît". - "Quelqu'un de ceux qui ont embrassé sa religion, l'a-t-il ensuite abandonnée en la répugnant?". - "Non, aucun". - "L'avez-vous combattu?". - "Oui". - "Quel a été le résultat de cette guerre entre vous et lui?". - "La guerre entre nous a eu des alternatives: tantôt il l'emporta et tantôt nous l'emportions". - "Trahit-il ses engagements?". - "Non, mais nous sommes en trêve avec lui et nous ignorons ce qu'il peut y faire". Le transmetteur ajoute: Par Dieu, je n'ai pas pu insinuer un mot autre de ce que je viens de dire. Il (Héraclius) poursuivit: "Y a-t-il quelqu'un autre que lui qui a déjà tenu de tels propos?". - "Non". - "Eh bien! Je t'ai demandé au sujet du rang de sa famille et tu as répondu qu'elle jouit d'une grande considération, ainsi sont les familles de tous les prophètes qui l'ont devancé. Je t'ai demandé si quelqu'un de ses ancêtres était un roi et tu as présumé que non. Je me suis dit alors: si l'un de ses ancêtres avait régné, il aurait cherché le trône de ses ancêtres. Je t'ai ensuite questionné au sujet de ceux qui le suivent, tu as répondu qu'ils sont les humbles et en réalité, ils sont eux qui suivent toujours les prophètes. Je t'ai également demandé si vous le traitiez de menteur avant qu'il ne tienne de tels discours, tu as prétendu que non et j'ai constaté que celui qui s’abstient de mentir aux hommes, tient forcément à ne pas mentir sur Allah. Et lorsque je t'ai demandé si quelqu'un après avoir embrassé sa religion l'abandonna et la répugna, tu as répondu que non, ainsi est la foi quand elle pénètre les cœurs. Je t'ai aussi demandé si le nombre de ses adeptes augmente ou diminue, tu as répondu qu'il augmente, ainsi est la foi qui s'accroît jusqu'à ce qu'elle devienne parfaite. Je t'ai également demandé si vous avez mené la guerre contre lui, tu as répondu que vous l'avez combattu et que la guerre a eu des alternatives entre vous, tel est le cas de tous les Envoyés qui sont mis à l’épreuve mais qui, à la fin triomphent. Je t'ai demandé s'il trahit ses engagements et tu as répondu qu'il ne les trahit point, tel est le cas des Envoyés, ils tiennent à leurs engagements. Enfin, je t'ai demandé si quelqu'un avant lui a tenu de tels discours, tu as répondu que non et je me suis dit: si quelqu'un avant lui avait tenu les mêmes propos, donc il ne fait qu'imiter ses prédécesseurs". Il (Héraclius) ajouta: "Que vous ordonne-t-il donc?". - "Il nous ordonne de faire la prière (Salâ), de verser l'aumône légale (Az-Zakâ), de tenir les liens de parenté et d'être chastes". - "Si ce que tu viens de dire est vrai, il doit être un prophète. De ma part, je savais qu'un prophète apparaîtrait, mais je ne savais pas qu'il serait des vôtres. Et si je pouvais me rendre chez lui, j'aurais bien aimé sa rencontre. Enfin, si j'étais auprès de lui, j'aurais lavé ses pieds (par révérence) et il aurait dominé même la place où je mets mes pieds". Puis il ordonna qu'on lui apporte la lettre de l'Envoyé d'Allah (pbAsl) et il la lut: "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, l'Envoyé d'Allah à Héraclius le chef des Romains. Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite, je t'appelle à l'islam. Convertis-toi à l'islam, tu trouveras le salut et Allah te donnera une double récompense, mais si tu te détournes (de l'islam), tu seras chargé des péchés de ceux qui, de ton peuple, te suivront: " O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous: que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allah. Puis s'ils détournent le dos, dites: 'Soyez témoins que nous, nous sommes soumis. " Le transmetteur (lui-même 'Abû Sufyân) ajoute: Lorsque Héraclius finit la lecture de la lettre, des voix s'élevèrent et un grand tumulte se produit dans son entourage et on nous fit sortir. Je dis alors à mes compagnons quand nous fûmes dehors: "L'affaire d'Ibn 'Abû Kabcha (désignant ironiquement le Prophète) a pris de l'importance puisque le roi des Banû Al-'Asfar (les Romains) le redoute". Et je ne cessai d'être convaincu que l'affaire de l'Envoyé d'Allah (pbAsl) aille l'emporter jusqu'à ce qu'Allah me fit embrasser l'Islam.